Aaron Swartz: dix ans après sa mort, la mémoire d'un militant du partage des connaissances



"RIP Aaron Swartz", peinture murale de BAMN à Brooklyn (New York). Photo Almonroth / Wikimedia Commons / CC by-sa

Dix ans déjà: le 11 janvier 2013, Aaron Swartz, 26 ans, menacé d’années de prison pour avoir téléchargé illégalement des millions d’articles scientifiques, se suicidait. Dans sa trop courte vie, il a laissé nombre de travaux – sa participation au format RSS, au réseau social Reddit et aux licences Creative Commons, notamment - et mené plusieurs combats, celui pour l’open access en particulier.

Des thèmes "pionniers pour l’époque et pour son âge"

La commémoration du dixième anniversaire de sa mort a donné lieu à plusieurs articles et publications. Libération lui a consacré une double page (en accès libre, merci Libé), le 11 janvier, «L’héritage d’Aaron Swartz, l’activiste qui a renversé le code». Son auteure Amaelle Guiton y cite entre autres le sociologue Félix Tréguer, de La Quadrature du Net: «Swartz, c’était la révolte née de la confrontation de l’idéalisme des débuts d’Internet à la dystopie numérique qui prenait corps sous nos yeux.»

Autre citation dans cet article, Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes: "«Beaucoup de thèmes que Swartz a posés étaient pionniers pour l’époque et pour son âge, et apparaissent dans l’Internet de 2023 comme des thématiques à remobiliser», souligne Olivier Ertzscheid, qui le décrit comme une figure d’«ingénieur politique» du Net sans véritable équivalent aujourd’hui. Le legs d’Aaron Swartz, estime-t-il, est aussi dans son insistance à articuler le code et l’éthique, les outils et les objectifs."

Dans son blog chez Framasoft, Olivier Ertzscheid note à propos de l’importance de la mémoire du jeune militant: «Parce que l’histoire d’Aaron Swartz, si triste et tragique qu’elle soit, doit impérativement continuer de nous inspirer au travers des combats qu’il a menés, des technologies qu’il a développé, et du courage infini qui fut le sien pour montrer que la connaissance doit être libre, accessible, et que toutes celles et ceux qui s’y opposent ou prétendent le contraire ne peuvent être que des idiots ou des menteurs.»

Sur France Culture, une émission lui a été consacrée le 13 janvier (en ligne là) avec Flore Vasseur, écrivaine, journaliste et entrepreneuse, et Brice Augras, hacker éthique. Pour Flore Vasseur, «Aaron était un esprit fougueux qui trouvait une certaine forme de pacification en s'asseyant à sa table de travail pour coder, et en même temps, son corps résistait et était tout le temps malade. Il y avait cette douleur permanente chez Aaron pour arriver à sortir la bonne idée, avec une exigence qui était probablement le moteur, le fuel de cette maladie. Il n’était jamais satisfait.»

Un documentaire sur "l'enfant d'Internet"

A 12 ans déjà, rappelle Numerama, «le jeune homme remportait un prix en informatique pour avoir créé une sorte de proto-Wikipédia. Cela s’appelait «The Info Network» et il s’agissait d’une encyclopédie collaborative. Nous sommes alors en 1999. Le Wikipédia que l’on connaît n’est lancé que deux ans plus tard.» Après sa disparition, des projets initiés par ou avec Aaron Swartz ont poursuivi leur chemin, expose Libération, dont un système de transmission de documents confidentiels, le logiciel SecureDrop, pris en charge par la Freedom of the Press Foundation et utilisé par plusieurs grands médias.

En 2014, un film, «The Internet’s Own Boy: the Story of Aaron Swartz», a été réalisé par Brian Knappenberger. On peut voir ou télécharger ce documentaire, sous licence CC by-nc-sa, sous différents formats, entre autres sur archive.org et diverses plateformes.

Last but not least, l'April a consacré son émission hebdomadaire sur Libre à vous à ce dixième anniversaire (mais je ne l'ai pas encore écoutée) - avec entre autres intervenant(e)s Flore Vasseur et Amaelle Guiton.

Lire aussi

Un documentaire sur Aaron Swartz, informaticien et militant – 29 juin 2014

Suicide d'Aaron Swartz, informaticien et militant d'un Internet libre – 13 janvier 2013



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Catégorie article Culture

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